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Japan Expo 2008

Super Expo

En tant que Super Nana, je me dois de me rendre chaque année au congrès officiel des super-héros, histoire de discuter des nouveaux pouvoirs sur le marché et de retrouver mes vieux potes bioniques qui ne vieillissent jamais. Cette petite réunion intimiste se déroule inévitablement le premier week end de juillet, au Parc d’Expositions de Paris Nord-Villepinte, et s’intitule modestement la Japan Expo.

Vous qui êtes mortels, il est normal que vous ne sachiez pas bien ce qu’est la Japan Expo, laissez-moi donc vous l’expliquer ! Vous connaissez les mangas ? Vous connaissez les dessins animés japonais (allez, ne faites pas les timides, on en connaît tous au moins un : Dragon Ball Z, Princesse Sarah, Candy, Goldorak…) ? Vous connaissez les sushis ? Vous connaissez plein d’autres trucs sur la culture japonaise (kimono, origami, éventail, …) ? Et bien, imaginez une salle immense où tous ces ingrédients seraient réunis et mélangés en une espèce de pot-pourri japonisant : la Japan Expo, c’est ça ! Vous me suivez ?

Ce qu’il y a de génial lorsqu’on est un super-héros à la Japan Expo, c’est que l’on n’a pas besoin de faire l’effort de s’habiller en civil. Là-bas, tout le monde porte son habit de lumière, du coup, même avec un collant bleu et un slip rouge par dessus, on passe inaperçu. Pour faire diversion auprès de la population humaine, les organisateurs du congrès prétendent que nous sommes tous des « cosplayers ». Les cosplayers sont des fanas de mangas qui se déguisent et agissent comme leurs héros préférés, le temps d’une représentation en public. Bien sûr, un grand nombre de visiteurs sont des cosplayers, mais parmi eux se cachent de véritables légendes…

Grâce à ce subterfuge, j’ai pu parler tranquillement avec mon pote l’Alien, ainsi qu’avec San Goku (spécialement revenu sur terre pour l’événement) et Bioman force jaune sans éveiller le moindre soupçon !

J’ai également pu m’amuser à tester pleins de nouveaux jeux vidéos tous aussi bruyants les uns que les autres : heureusement, Superman et sa super ouïe n’étaient pas conviés (car Superman est un comics et non pas un manga ! Même dans le super-showbiz, on ne se mélange pas.). J’en ai aussi profité pour prendre quelques cours de calligraphie japonaise et faire un peu de shopping. Il faut dire que 80% des stands présents à la Japan Expo cette année étaient des stands commerçants… Entre les fringues déjantées, les costumes traditionnels, les multiples thés japonais, les mangas, les petites babioles inutiles mais trop « kawaï » (« mignon » dans la langue de Naruto), il y a vraiment de quoi être tenté !

Il y avait malgré tout une multitude d’activités réjouissantes pour les petits nouveaux ! En ce qui me concerne, je ne pense pas y retourner l’année prochaine, je crois que je me fais trop vieille pour ce genre de sortie (les bains de foule et les musiques hurlantes, ce n’est plus vraiment mon truc). Et puis, j’ai comme projet de monter un club de lecture mixte, pour mortels et super-héros, ça vous dit ?

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This is England

Réalisé par : Shane Meadows

Année de sortie : 2007

Genre : Fiction

Durée : 1h37

Made in England

Pour continuer mon immersion dans la culture anglaise, j’ai regardé This is England, élu meilleur film anglais indépendant de l’année 2007 aux British Independant Film Awards. Pleine de ma toute récente motivation pour l’Angleterre, je suis donc partie à l’assaut du cinéma britannique !

Shaun, un jeune anglais de douze ans, se cherche une identité après la mort de son père, militaire durant la guerre des Malouines. Raillé par ses camarades de classe à cause de son look, il trouve refuge auprès d’une bande de skinheads, un peu glandeurs mais attachants. Rapidement, il devient l’un des leurs. Mais lorsque Combo, un ancien de la bande, sort de prison, les discours et le ton changent. Le temps de son séjour derrière les barreaux, Combo s’est radicalisé. Partisan du National Front, il tente d’entraîner ses amis dans une guerre contre les étrangers. Le groupe se scinde alors en deux et Shaun décide de suivre le dangereux Combo…

Un film simple et efficace sur le néo-nazisme en Angleterre dans les années 80, celles de Miss Thatcher. Loin du traitement parfois excessif d’American History X, le néo-nazisme est abordé ici de manière presque objective puisque le réalisateur lui-même a fait partie de la jeunesse skinhead. D’ailleurs, sa volonté de marquer une différence entre le mouvement skinhead et le racisme est, ici, évidente.

Récit d’une jeunesse et d’une innocence perdue, d’une naïveté exploitée au service d’une idéologie, This is England nous parle également de cette Angleterre des années 80, celle de la crise économique, de la lutte des classes sociales, du chômage… Shaun apprend, se construit dans cet univers rude et dans l’ombre de cette figure paternelle inquiétante qu’est Combo.

Mais ce film est aussi le témoignage d’une génération. On redécouvre avec une curiosité amusée la mode (bretelles, crânes rasés, Doc Martens, etc.) ainsi que la musique (ska, reggae, etc.) de cette époque. On est immergé brutalement dans le quotidien d’une banlieue grise et déprimante.

Parfois drôle ou tendre, d’autres fois carrément effrayant, This is England se regarde avec un certain malaise teinté de fascination. Mention spéciale au jeune acteur Thomas Turgoose (Shaun), incroyablement crédible dans son rôle de pré-ado à la fois dur et candide.

En une phrase : you have to watch this movie !

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Pour le meilleur et pour l’empire

Auteur : James Hawes

Editeur : Editions de l’Olivier

Année de sortie : 2007

Genre : roman

Nombre de pages : 354

Nos amis les anglais

Vous cherchez un roman pour bouquiner tranquillement at tea time ? Voici le livre idéal pour accompagner votre darjeeling bien chaud.

Brian Marley est un looser né : la quarantaine pathétique, forcément divorcé, père improbable d’un môme de trois ans, une mère envahissante, un appartement minable, quelques grosses dettes… Ce professeur dépassé et désespéré joue sa dernière carte en participant à une émission de téléréalité appelée Jungle d’Enfer, sorte de Koh-Lanta extrémiste (chacun pour soi, sans vivre, et le dernier qui reste en vie a gagné). A deux doigts de la victoire, les hélicoptères de la télé censés le ramener en Angleterre se crashent (c’est ballot !) et Brian se retrouve seul dans la jungle. Enfin, pas si seul puisqu’il découvre, en plein milieu de cet environnement hostile, une colonie d’anglais complètement coupée du monde (et génialement « à l’ouest ») depuis plus de cinquante ans, après un accident d’avion. Vous raconter la suite serait criminel tant les rebondissements irrésistibles nous entraînent loin !

Pour le meilleur et pour l’empire est un roman bourré de ce fameux humour anglais, si particulier. En plus de nous transporter dans un monde loufoque et complètement inattendu, l’auteur écorne, au passage, la vielle Angleterre, ses traditions et ses habitants, la politique européenne (avec une préférence toute particulière pour la France, of course), la télévision et son argent… bref, un joli concentré bien corsé de notre société actuelle !

James Hawes nous livre une farce délirante qui part dans tous les sens (on passe tout de même de la jungle quasi-idyllique à un Londres fasciste) tout un gardant un cap fort intéressant, celui de la satire sociale. Passés les premiers chapitres (toujours un peu douloureux dans ce genre d’histoire à plusieurs voix), la machine anglaise se met en marche et écrase même la reine sur son passage !

Les personnages, caricatures bien pensées des « puissants », sont aussi cyniques les uns que les autres et personne n’est épargné par la plume mordante de l’écrivain. La fin du bouquin, quant à elle, ressemble beaucoup au héros malgré lui qu’est Brian Marley… elle en décevra donc quelques-uns !

Totalement impertinent, et franchement jubilatoire, Pour le meilleur et pour l’empire est so british ! Il n’y a pas à dire, le rosbeef, il sait y faire… parole de froggie !

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Quinze Minutes

Auteur : Charles Dickinson

Editeur : Joelle Losfeld

Année de sortie : 2006

Genre : roman

Nombre de pages : 357

Retour vers le futur… encore un !

Vous allez sans doute remarquer que les bouquins que je lis datent tous un peu… L’explication est simple : mon fournisseur non-officiel est la bibliothèque municipale de mon quartier ! Je ne trouve pas forcément les livres que je veux lire, mais je fais parfois de belles découvertes. D’autres fois, je tombe sur des navets mais en tout cas, j’ai l’avantage d’être toujours surprise.

Voici un roman assez sympa à lire cet été, en traînassant sur la plage, sans désir de grande littérature ! Quinze Minutes parle d’un sujet souvent abordé : le voyage dans le temps. Légende urbaine et fantasmes scientifiques, ce thème a le pouvoir de développer l’imagination des artistes en tous genres.

Josh Winkler, un peintre raté, dépendant financièrement de sa femme et père d’une adolescente en pleine mutation hormonale, se surprend un soir à revivre deux fois la même situation. Pour lui, l’explication est simple : il vient de remonter le temps de quinze minutes. Quelques heures plus tard, une jeune fille, semblant venir tout droit des années 1900, débarque en ville, complètement paumée. La situation se complique encore un peu plus quand toute la ville apprend que Josh a remonté le temps…

Le problème avec le truc du voyage dans le temps c’est qu’il y a toujours un moment où ça devient incohérent. Les générations s’emmêlent, les époques s’enchevêtrent, certains partent dans le passé, d’autres viennent dans le présent (qui est, par la même occasion, le futur…) et l’auteur perd un peu le fil de toutes ces pérégrinations. Dans son roman, Charles Dickinson ne déroge pas à cette règle et les derniers chapitres du livre semblent quelque peu chaotiques.

L’auteur s’attarde beaucoup sur les relations conflictuelles entre Josh et sa femme (une cartésienne pure et dure), Josh et son frère (un SDF handicapé mental), Josh et la jeune inconnue (une paysanne du début du XXe siècle) et l’intrigue perd un peu de sa fraîcheur.

Quinze Minutes se lit pourtant rapidement, le lecteur est poussé par sa propre curiosité à connaître le fin mot de l’histoire : que va faire Josh de ce pouvoir ? Et là, bien sûr, on est un peu déçu… c’est pas pour dire,  mais moi j’aurai fais mieux !

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Girls

Auteurs/Illustrateurs : Jonathan et Joshua Luna

Editeur : Delcourt

Années de sortie : 2006, 2007

Genre : Bande Dessinée

Nombre de tome : 4

La guerre des sexes

Si vous êtes un adepte des séries télévisées mystérieuses, genre Lost ou Heroes, mais que vous en avez marre des rebondissements à répétition qui ne servent qu’à faire augmenter le nombre d’épisodes sans dévoiler le pot aux roses, ce comic est fait pour vous !

Ethan habite le petit village de Pennystown où tout le monde se connaît. Entre des déboires amoureux et une vie sociale limitée, Ethan Daniels galère. Un soir, il manque de percuter une jeune femme nue, muette et particulièrement attirante. Une chose en entraînant une autre, il passe la nuit avec la mystérieuse créature… Le lendemain celle-ci engendre des sosies ultra-violents s’attaquants essentiellement aux femmes du village. Isolés du reste du monde par une sphère invisible, les habitants sont livrés à eux-mêmes. Les hommes ont du mal à résister à la tentation, permettant ainsi aux créatures de se multiplier, et les femmes subissent les attaques mortelles des clones. Fatalement, la situation ne tarde pas à dégénérer…

Graphiquement, ce comic américain n’est pas exceptionnel : les personnages (pourtant nombreux) se ressemblent tous un peu et il faut un certain temps pour arriver à les distinguer (quand on y arrive). Les couleurs sombres, nous plongent dans une ambiance nocturne parfois désagréable.

Pourtant Girls tient bien la route grâce à l’originalité de son histoire. L’arrivée des filles révèle rapidement la vraie nature des villageois : lâches, meneurs, courageux, violents, infidèles, traîtres, égoïstes, … Chacun se dévoile. Les femmes se montent contre les hommes, accusant ceux-ci d’accélérer le développement des clones et les clans se forment.

Dans cette B.D., ce n’est pas tant les meurtres qui nous intéressent (il y en a tellement…) mais les profils psychologiques des habitants. Les frères Luna arrivent à faire monter la pression, lentement mais habilement, tout au long des quatre tomes de la série. Les tensions homme/femme sont réalistes et l’humour est malgré tout au rendez-vous ! La fin peut décevoir mais c’est le risque de ce genre d’histoire fantastico-dramatique.

Attention, féministe s’abstenir… sous peine de faire sérieusement dégénérer le débat !

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Fête de la Musique 2008

Faites du bruit

Il m’a fallu 2/3 jours pour digérer cette nouvelle édition de la fête de la musique et pour me rendre à l’évidence : encore une fois, je me suis fait avoir ! Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté, le 21 juin se solde toujours par une mauvaise migraine (tintamarre incessant oblige). Chaque année, j’y retourne, motivée et entourée de nouveaux amis et chaque année, c’est le même bazar incohérent et cacophonique. Heureusement que les amis sont là !

Résumé de ma soirée.

20h30 : Premier contact avec le monde extérieur, une affreuse voix chante la toute aussi affreuse chanson de Lara Fabian « Je t’aime ». Je découvre avec horreur que le bar du quartier (celui là même dont les murs sont recouverts de posters de Johnny) a eu l’effroyable idée d’organiser un karaoké ! Penser à rentrer tard pour ne pas subir ça trop longtemps…

20h35 : Sur ma route, je m’arrête pour écouter un rappeur énervé. « J’suis méchant comme un chien/j’ai la rage comme un chien/j’suis fidèle comme un chien… ». Vu la richesse des rimes, je suis à deux doigts d’appeler la fourrière.

20h43 : Avec empressement, je descends vers le centre ville. Apparemment, je me suis trompée de jour : n’est-ce pas plutôt la fête de la bouffe ? Kebab, grillades, glaces, crêpes, bonbons… Les rues empestent le graillon et toujours pas de bon son.

20h58 : Enfin, les premières vraies notes de guitare. Le riff universel de « Satisfaction » résonne dans la rue. Je m’approche, un petit groupe d’ado slim-converse-mèche-et-rebelle-attitude monopolise l’attention du public. Malheureusement, le chanteur décide de chanter… J’espère pour lui qu’il n’a pas encore mué.

21h06 : En plein cœur de la ville, la fête de la musique révèle sa véritable nature. Dans une cacophonie pop-rock-rap-jazz-reggae des plus immondes, je me pose sérieusement une question : Jack Lang n’a-t-il pas tout manigancé pour nous dégouter à jamais de la musique et faire ainsi couler le ministère de la culture après son départ ?

21h44 : Nous sommes maintenant un dizaine d’amis, perdus dans cette mer de possibilités plus ou moins musicales qui s’offrent à nous. Chacun donne son avis mais personne ne veut décider. On opte finalement pour les bords du Rhône, il paraît que là-bas, on peut respirer. En route, nous sacrifions trois de nos collègues (ils étaient partis s’acheter une glace, nous n’avons jamais revu les malheureux).

22h02 : Devant l’Eglise de Scientologie, une fille exécute une danse africaine au son des tam-tams. Tripant.

22h11 : Plus on approche des quais du Rhône, plus le silence nous inquiète. Notre groupe commence à se désolidariser : qui a eu la bonne idée d’aller ici, déjà ?

22h28 : Après avoir marché le long du fleuve tel un peuple sans but et désemparé, nous trouvons enfin une table libre en face d’une péniche-bar. Les hommes vont chercher de quoi se désaltérer pendant que nous écoutons le premier morceau du groupe qui joue ce soir. Des textes pseudos intellectuels (« l’infinitésimale de l’originale… ») qu’on ne comprend pas, sur un son à la Noir Désir, mais sans le désir. Le chanteur gesticule dans tous les sens et bidouille, de temps à autres, une table de mixage surement rouillée. Ces « artistes » m’énervent, mais notre groupe à nous n’est pas uni dans le goût de la musique. Les tractations commencent. Les uns trouvent ça « plutôt pas mal » (traduire « c’est super, vous avez de la crotte dans les oreilles ou quoi ? »), les autres « aimerait écouter d’autres groupes » (traduire « c’est pourri, je préfère me taper le chanteur portoricain aux castagnettes plutôt que de rester un minute de plus ici »). Même entre amis, la diplomatie est de mise !

23h15 : Après moults négociations, on se lève, histoire de voir ce que vaut ce fameux chanteur portoricain…

23h16 : Cent mètres plus loin, quelques filles veulent aller aux toilettes. On s’assied dans l’herbe en les regardant retourner à la péniche pleine à craquer.

23h30 : On discute sympathiquement en écoutant les reprises du groupe en face de nous. Téléphone, Alanis Morissette, Muse, White Stripes, AC/DC, Natalie Imbruglia… On chantonne nos classiques, sous les étoiles et au frais. Finalement, il n’y a rien de mieux que les bonnes reprises pour la fête de la musique !

23h59 : Les filles reviennent du pipi-room. Il est temps pour certains, dont moi, de rentrer.

00h32 : Le karaoké du bar à Johnny est terminé. Quelques tentatives de cornemuse résonnent dans le quartier. Pour l’an prochain, je me tâte encore, mais c’est sûr, pas question de regarder Olivier Minne…

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Le Requiem de Verdi dans la Crypte de Fourvière

Dernière représentation : mardi 24 juin 2008

Mon aventure musicale

Pour mon anniversaire, ma super copine m’a offert deux places pour le Requiem de Verdi dans la Crypte de Fourvière. A priori, ça sonnait comme un nouvel opus des aventures d’Indiana Jones (question musique classique, je ne suis pas très au point): je m’attendais à voir surgir des serpents aux venins mortels, des autochtones cannibales, des temples prêts à s’effondrer… et je n’étais pas si loin que ça de la vérité ! En entrant dans la magnifique basilique de Fourvière, je me suis presque crue dans une scène de la Dernière Croisade.

Dans un décor néo-byzantin (colonnes imposantes, voutes, fresques de mosaïques…), un tintamarre retentit : les musiciens s’échauffent. L’atmosphère de cette salle est particulière, quasi étouffante, et se prête parfaitement au thème mortuaire du Requiem. Sur un siège de fortune (surement les anciens bancs de la basilique), entourée de cierges à moitié consumés et dans cette fraîcheur si caractéristique des églises, je commence à douter de ma capacité à tenir 1h30 dans ces conditions…

Puis les lumières s’éteignent, l’ambiance devient plus intimiste, plus douce, et le silence se fait… enfin, la musique résonne dans cette salle qui révèle ainsi toute sa beauté et son incroyable acoustique.

Mélange d’opéra et de chants spirituels, ce Requiem est saisissant. Les chœurs sont tout particulièrement pesants et les solistes, poignants. L’orchestre, quant à lui, semble s’emballer telle la pire des tempêtes. Alternant puissance et douceur, tragédie et passion, cette œuvre est un véritable monument de la musique classique. Le célèbre Dies Irae (entre autres, musique d’ouverture du film populaire Battle Royal), agressif et angoissant, me donne des frissons

Le chef d’orchestre, Jean-Philippe Dubor, maîtrise avec brio ce Requiem lyrique et entêtant.

Seuls bémols à cette soirée : l’inconfort total des sièges en bois (sans coussin ni autres subterfuges pour essayer de donner du moelleux) qui gâche mon écoute et ma concentration ; la fraîcheur de la salle qui se transforme, au bout d’1h30 de concert, en chambre froide ; le téléphone portable d’un gentil spectateur qui sonne au beau milieu d’un solo émouvant… Un rude rappel à la réalité !

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Musée des Beaux Arts de Lyon

Je lézarde devant les arts

Ce qui est super quand on est chômeuse et intéressée par la culture, c’est que d’une part on a plein de temps libre et d’autre part on rentre gratuitement dans les musées. Il suffit de faire son regard de chien battu à la personne de l’accueil en lui tendant sa carte CHOMEUR… bien sûr, l’humiliation va de pair avec la gratuité, faut pas pousser non plus !

Hier, je suis donc allée profiter de mes privilèges de chômeuse en me baladant au Musée des Beaux Arts. Avec mon look d’étudiante en histoire de l’art (on sous estime trop souvent le pouvoir des lunettes et du petit chemisier) et mon fidèle cahier-pour-écrire-des-commentaires-et-avoir-l’air-intelligente à la main, j’ai pénétré le grand bâtiment, gardien de trésors artistiques et historiques.

Comme le MBA de Lyon est très grand (70 salles), je vais surtout vous parler des pièces qui m’ont plu ! Ma première étape a été de découvrir la Chapelle, au sous-sol, qui abrite la galerie des sculptures. Cette belle salle lumineuse parsemée de touches blanches (les sculptures en marbre) reflète bien le calme légendaire des musées. On se croirait dans l’antre de la Gorgone Méduse, avec tous ces personnages figés dans des positions très expressives, comme pétrifiés en pleine action. Cette assemblée de silhouettes muettes est présidée par un Caïn (du sculpteur Etex) massif et impressionnant. Un lion (œuvre de Barye) en plâtre, majestueux et symbolique, se bat silencieusement avec un serpent ; des jeunes filles en fleurs se prélassent sous un soleil imaginaire ; des guerriers brandissent des armes inoffensives et quelques sculptures de Rodin et de Maillol viennent achever ce tableau surréaliste.

Mon deuxième coup de cœur va à l’aile égyptienne. Située au premier étage du musée, cette suite de petites salles restitue particulièrement bien la beauté des œuvres exposées. Après avoir grimpé un bel escalier, j’accède à une petite pièce sombre. Quelques lumières jaunâtres éclairent des alcôves secrètes : je me retrouve face aux antiquités pharaoniques. Ambiance pesante, presque mystique. De nombreuses rangées de petites statues de divinités perdues semblent me suivre du regard. Une tête et une main momifiée à hauteur d’yeux m’effraient un peu et, derrière une vitrine d’une transparence trompeuse, sont exposés des cercueils majestueux, arrachés aux tombeaux millénaires des pyramides. Je continue ma visite en longeant un couloir jonché de fragments de murs illustrés de mystérieux, mais non moins fascinants, hiéroglyphes. Je franchis également les portes des temples de Ptolémée III et IV, à la fois timide et respectueuse. Je m’imagine presque aux temps de pharaons tant les pierres sont mises en valeur.

Puis viennent les classiques poteries sur lesquelles je ne m’attarde guère, l’art romain et ses drapés beaucoup moins mystérieux, l’incontournable salle numismatique à la fois impressionnante et ennuyante, … Je traverse, au fil des salles, les pays et les siècles, les techniques et les styles, les matériaux et les sujets.

Au deuxième étage se trouvent les peintures du XVe au XXe siècle. J’assiste à un défilé d’illustres noms du genre : Véronèse, Rembrandt, Gauguin, Pissaro, Monet, Degas, Renoir, Picasso, Matisse, Léger, … Je me crois plongée dans une encyclopédie retraçant l’histoire de la peinture : enrichissant mais aussi assommant. Trop d’œuvres, tue l’œuvre ! J’écourte ma visite du dernier étage, promis, je reviendrai (l’avantage de la carte chômeur).

Je sors de ce bâtiment labyrinthique pleine de connaissances nouvelles et emmêlées. Je pense qu’une boisson rafraîchissante dans le jardin du musée m’aidera à remettre tout ça en place ! Car, en plein cœur de Lyon, ce havre de verdure à l’italienne, calme et harmonieux, est une autre des petites merveilles du musée.

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Keith Haring

Où ? Au Musée d’Art Contemporain de Lyon

Quand ? Du 22 février au 29 juin 2008 (prolongation jusqu’au 13 juillet)

Give me a Keith

Comme il faisait beau aujourd’hui, j’ai décidé d’aller m’enfermer au musée (soleil + peau blanche = visage rouge pas très glamour). J’avais donc le choix entre une expo avec de vrais cadavres et une expo avec de jolies couleurs vives et joyeuses. Ma décision n’a pas été très compliquée à prendre…

J’ai donc logiquement opté pour Keith Haring. Cet artiste américain au look de geek, amoureux du rap et de la culture urbaine s’expose au Musée d’Art Contemporain de Lyon jusqu’au 13 juillet.

Le problème avec Keith Haring c’est que l’on croit connaître son œuvre par cœur pour la simple et bonne raison qu’il est le roi du produit dérivé ! Ses dessins ont été reproduits maintes et maintes fois pour toutes sortes d’accessoires : verres, serviettes, cahiers, … ! Autant vous dire que celui qui affirme n’avoir jamais vu de dessin de Keith Haring est soit un ermite, soit un menteur !

Ces images de petits bonshommes rigolos en tête, je me suis donc rendue au musée. Pour tout vous dire, je pensais voir une expo rafraîchissante aux thèmes gais et légers. Preuve que je ne connaissais rien à l’œuvre de Keith Haring ! En fait, j’ai découvert un artiste atypique, généreux et angoissé, talentueux et concerné. Un artiste dont la carrière ne s’étend qu’à une seule décennie et qui, pourtant, aura marqué l’histoire de l’art contemporain. Car les peintures de l’américain sont bien plus riches qu’elles ne le laissent supposer aux premiers abords.

Les sujets abordés, souvent noirs (racisme, violence, pouvoir religieux,…), contrastes avec les couleurs vives des dessins aux aspects enfantins. L’innocence de son trait vient renforcer la dureté des thèmes évoqués. Au fil des toiles, on se surprend également à comprendre le talent de Mister Haring : lui qui ne faisait jamais de dessin préparatoire, exécutait ses œuvres de manière très rapide (4 heures pour une immense toile destinée à un casino belge) et totalement spontanée.

La scénographie proposée par le Musée d’Art Contemporain est très sobre, laissant la part belle aux œuvres déjà très chargées de Keith Haring. Les supports utilisés pour parler du travail de l’artiste sont variés (vidéos, photographies, sculptures, reproduction du « Pop Shop Tokyo ») et nous laissent ainsi imaginer son style de vie hors norme.

L’exposition en elle-même est très accessible puisqu’il existe différents niveaux de lecture pour une même toile. Pendant ma visite, de nombreux groupes de visiteurs aux âges divers se sont penchés sur l’œuvre de l’américain. Lui qui considérait l’art comme un moyen de communication avec le public n’a pas fini de toucher les générations à venir !

Pour un artiste qui a commencé par des graffitis sur les murs du métro, cette exposition est une belle récompense. Et moi, je suis ressortie du musée avec une idée plus juste de Keith Haring…

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Le Magasin des Suicides

Auteur : Jean Teulé

Editeur : Juliard

Année de sortie : 2006

Genre : roman

Nombre de pages : 162

La mélodie du malheur

Honnêtement quand ma sœur m’a offert ce livre pour mon anniversaire, je me suis posée quelques questions légitimes : ai-je l’air dépressive ? est-ce un message subliminal ? quel est son problème ?… Comme preuve d’amour, on a vu mieux, vous ne trouvez pas ?

Bravant mes réticences (je suis trop jeune pour mourir !), j’ai tout de même trouvé le courage d’ouvrir ce bouquin. Et là, découverte ! Ce roman court est, malgré son titre, une véritable bouffée d’air frais littéraire ! Sous la plume de Jean Teulé naît un petit bijou d’humour noir digne des fables tragi-comiques de Tim Burton. Simple et sobre, l’écriture donne la part belle à l’histoire. Celle de la famille Tuvache, propriétaire du Magasin des Suicides.

Dans un futur indéterminé et entièrement ravagé, le lecteur pénètre un bien étrange magasin. Cette épicerie du suicide propose toute une gamme de méthodes radicales pour en finir avec la vie : poisons, cordes, armes, explosifs… il n’y a plus qu’à se décider ! En vrais professionnels, les Tuvache se doivent, bien sûr, d’être malheureux et dépressifs : pas question de sourire à la clientèle ni de redonner espoir aux suicidaires ! Tout se passe pour le mieux dans le pire des mondes : la Terre se dégrade et les suicides s’enchaînent. Seul le petit dernier, Alan, pose problème. Pour lui, la vie n’est que bonheur et satisfaction et, contre l’avis de ses parents, il a même l’air heureux !

Totalement grinçant et jubilatoire, Le Magasin des Suicides est à lire d’une traite, sous peine de mourir d’impatience. Bourré de détails croustillants, irrévérencieux et surtout pas glauques, ce petit roman prend l’allure d’un conte caustique où les dépressifs prennent la place des princes charmants et où les princesses ont des allures de grandes faucheuses.

L’univers complètement décalé de Jean Teulé brise les tabous à grands coups d’humour ! Corrosif à souhait et pas politiquement correct pour un sou, ce livre nous fait rire de nos petits et grands malheurs. En un mot : mortel !

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