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Bons Baisers de Bruges

Réalisé par : Martin McDonagh

Année de sortie : 2008

Genre : Fiction

Durée : 1h41

I love Bruges

Voici ma toute récente découverte britannico-cinématographique. Conseillée par une amie lilloise (donc, forcément objective sur tout ce qui concerne le Nord et la Belgique), j’ai été véritablement séduite par ce thriller comique inattendu.

Envie de voir un chouette film sur le Nord sans passer par la case Ch’tis, Bergues, La Poste et compagnie ? Bons baisers de Bruges est là pour ça ! Loin des clichés un peu facile de Bienvenue chez les ch’tis, Bons baisers de Bruges nous fait visiter la ville belge de manière tout à fait excitante…

Après un contrat qui a mal tourné, deux tueurs à gages sont priés d’aller se faire oublier quelques temps à Bruges. Dans cette ville d’un calme presque effrayant, Ray et Ken ont pour ordre d’attendre le coup de fil de leur patron. Ray, bouleversé par l’échec de son premier contrat, déteste Bruges. Ken, quant à lui, profite de ces quelques jours de « vacances » pour faire du tourisme et visiter tout ce qui fait le charme de cette « Venise du nord » : les canaux, le beffroi, les rues pavées… Au fil de leur séjour, les deux protagonistes font des rencontres atypiques jusqu’à l’arrivée inopinée du fameux coup de fil.

D’un humour burlesque ravageur, ce film singulier nous fait également entrevoir le visage sombre et gothique de Bruges. Les vraies scènes d’action se font rares car Martin McDonagh semble filmer « à la manière de Bruges » : lentement mais sûrement. Le réalisateur se penche tout particulièrement sur les rapports humains et nous offre des dialogues savoureux. Il faut dire que sur leur route, Ken et Ray croisent de sacrés numéros : entre le nain toxico, l’arnaqueuse séduisante, l’hôtelière enceinte et le skinhead borgne, les deux acolytes ne manquent pas de compagnie loufoque.

Le rythme lent du film fera place à une véritable course poursuite dans la dernière demi-heure. Surpris par ce brusque retour à la réalité (Ken et Ray sont tout de même des tueurs à gages !), le spectateur se laisse entraîner dans ce bain de sang annoncé. La ville belge devient alors le théâtre d’un micmac meurtrier désopilant. Un hommage décalé mais néanmoins réussi à Bruges.

Bons baisers de Bruges nous fait aussi découvrir l’acteur Colin Farrell sous un nouveau jour : dans son rôle de tueur dépressif, ce « gros dur » nous fait rire et nous émeut. Loin des personnages caricaturaux qu’il joue régulièrement dans des blockbusters américains, ce rôle de gangster suicidaire lui va comme un gant et dévoile ces vrais talents d’acteur ! Une belle surprise !

Un film sans grande prétention mais bien réalisé qui offre à la fois mélancolie, émotion, humour et action. Un savant mélange garanti 100% sans frites ni blagues lourdes !

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This is England

Réalisé par : Shane Meadows

Année de sortie : 2007

Genre : Fiction

Durée : 1h37

Made in England

Pour continuer mon immersion dans la culture anglaise, j’ai regardé This is England, élu meilleur film anglais indépendant de l’année 2007 aux British Independant Film Awards. Pleine de ma toute récente motivation pour l’Angleterre, je suis donc partie à l’assaut du cinéma britannique !

Shaun, un jeune anglais de douze ans, se cherche une identité après la mort de son père, militaire durant la guerre des Malouines. Raillé par ses camarades de classe à cause de son look, il trouve refuge auprès d’une bande de skinheads, un peu glandeurs mais attachants. Rapidement, il devient l’un des leurs. Mais lorsque Combo, un ancien de la bande, sort de prison, les discours et le ton changent. Le temps de son séjour derrière les barreaux, Combo s’est radicalisé. Partisan du National Front, il tente d’entraîner ses amis dans une guerre contre les étrangers. Le groupe se scinde alors en deux et Shaun décide de suivre le dangereux Combo…

Un film simple et efficace sur le néo-nazisme en Angleterre dans les années 80, celles de Miss Thatcher. Loin du traitement parfois excessif d’American History X, le néo-nazisme est abordé ici de manière presque objective puisque le réalisateur lui-même a fait partie de la jeunesse skinhead. D’ailleurs, sa volonté de marquer une différence entre le mouvement skinhead et le racisme est, ici, évidente.

Récit d’une jeunesse et d’une innocence perdue, d’une naïveté exploitée au service d’une idéologie, This is England nous parle également de cette Angleterre des années 80, celle de la crise économique, de la lutte des classes sociales, du chômage… Shaun apprend, se construit dans cet univers rude et dans l’ombre de cette figure paternelle inquiétante qu’est Combo.

Mais ce film est aussi le témoignage d’une génération. On redécouvre avec une curiosité amusée la mode (bretelles, crânes rasés, Doc Martens, etc.) ainsi que la musique (ska, reggae, etc.) de cette époque. On est immergé brutalement dans le quotidien d’une banlieue grise et déprimante.

Parfois drôle ou tendre, d’autres fois carrément effrayant, This is England se regarde avec un certain malaise teinté de fascination. Mention spéciale au jeune acteur Thomas Turgoose (Shaun), incroyablement crédible dans son rôle de pré-ado à la fois dur et candide.

En une phrase : you have to watch this movie !

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Jesus Camp

Réalisé par : Heidi Ewing & Rachel Grady

Année de sortie : 2007

Genre : Documentaire

Durée : 1h25

Les petits soldats de Dieu

Que l’on soit croyant ou non, ce documentaire fait froid dans le dos.

Les réalisateurs, Heidi Ewing et Rachel Grady, nous immergent au sein des camps de vacances religieux aux Etats-Unis. Ces camps où les évangélistes made in USA construisent la nouvelle armée républicaine pro-bush. Ces mêmes camps où de mignons bambins a priori inoffensifs se transforment en évangélistes extrémistes et déterminés à changer la face de leur nation.

Armés de leur foi inébranlable, ils sont formés à devenir la génération clé, celle qui fera basculer la face du monde. Digne d’un film futuriste, me direz-vous. Et pourtant… ces enfants de 12 ans, 8 ans, 5 ans sont bel et bien endoctrinés au son de chansons heavy metal catho (le comble !) et de discours effrayants sur les pêchés qui mènent à la mort, et donc à l’Enfer. Les mômes se confessent, pleurent de ne pas être à la hauteur, se blâment pour leurs pêchés (aussi mignons soient-ils) et le tout face à des adultes jubilants.

Pour ces gamins, les chansons de Britney Spears sont interdites (on peut le comprendre) et les aventures d’Harry Potter font figure d’écrits sataniques incitant à la sorcellerie (la compréhension s’arrête là)… Etonnant, surtout lorsque l’on voit Becky, l’une des grandes prêtresses du ministère, bénir sa présentation Power Point, ainsi que l’électricité, avant de faire son sermon.

Impliqués dès leur plus jeune âge dans des débats aussi complexes que la politique nationale, l’avortement ou le « mensonge » concernant le réchauffement climatique, cette génération est programmée pour devenir la nouvelle force électorale influente des Etats-Unis, celle qui réunira l’Etat et l’Eglise.

Contrairement aux documentaires de Micheal Moore, Jesus Camp reste très objectif, visuellement parlant. Les réalisateurs n’apparaissent pas à l’écran et seul le montage traduit une prise de position. Mettant le doigt sur une dérive de plus en plus inquiétante aux Etats-Unis, ce documentaire nous interroge également sur la place des jeunes dans l’avenir de le notre société… Car ces images d’enfants, à la fois prêcheurs et guerriers, nous dérangent : il est difficile de leur en vouloir pour leurs discours extrémistes comme il est difficile de ne pas voir en eux de futurs propagateurs de valeurs erronées et dangereuses.

Un véritable cas de conscience.

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