Dernière représentation : mardi 24 juin 2008
Mon aventure musicale
Pour mon anniversaire, ma super copine m’a offert deux places pour le Requiem de Verdi dans la Crypte de Fourvière. A priori, ça sonnait comme un nouvel opus des aventures d’Indiana Jones (question musique classique, je ne suis pas très au point): je m’attendais à voir surgir des serpents aux venins mortels, des autochtones cannibales, des temples prêts à s’effondrer… et je n’étais pas si loin que ça de la vérité ! En entrant dans la magnifique basilique de Fourvière, je me suis presque crue dans une scène de la Dernière Croisade.
Dans un décor néo-byzantin (colonnes imposantes, voutes, fresques de mosaïques…), un tintamarre retentit : les musiciens s’échauffent. L’atmosphère de cette salle est particulière, quasi étouffante, et se prête parfaitement au thème mortuaire du Requiem. Sur un siège de fortune (surement les anciens bancs de la basilique), entourée de cierges à moitié consumés et dans cette fraîcheur si caractéristique des églises, je commence à douter de ma capacité à tenir 1h30 dans ces conditions…
Puis les lumières s’éteignent, l’ambiance devient plus intimiste, plus douce, et le silence se fait… enfin, la musique résonne dans cette salle qui révèle ainsi toute sa beauté et son incroyable acoustique.
Mélange d’opéra et de chants spirituels, ce Requiem est saisissant. Les chœurs sont tout particulièrement pesants et les solistes, poignants. L’orchestre, quant à lui, semble s’emballer telle la pire des tempêtes. Alternant puissance et douceur, tragédie et passion, cette œuvre est un véritable monument de la musique classique. Le célèbre Dies Irae (entre autres, musique d’ouverture du film populaire Battle Royal), agressif et angoissant, me donne des frissons…
Le chef d’orchestre, Jean-Philippe Dubor, maîtrise avec brio ce Requiem lyrique et entêtant.
Seuls bémols à cette soirée : l’inconfort total des sièges en bois (sans coussin ni autres subterfuges pour essayer de donner du moelleux) qui gâche mon écoute et ma concentration ; la fraîcheur de la salle qui se transforme, au bout d’1h30 de concert, en chambre froide ; le téléphone portable d’un gentil spectateur qui sonne au beau milieu d’un solo émouvant… Un rude rappel à la réalité !

